| annexia |
| arts plastiques -> installation Bertrand Parinet - "vomume normalisé" |
| MJC Roguet Saint-Cyprien - 24 rue de Gascogne - 31300 - Toulouse France - |
| 08/10/2002 -> 19/10/2002 |
|
Slide-show = 10 images, veuillez patienter chargements des images S lide-show= 10 pictures, please wait, pictures are loading
|
|
contact Bertrand Parinet b.parinet@annexia-net.com
|
|
Lien site Bertrand Parinet http://b.parinet.free.fr
|
![]() |
|
|
Bertrand Parinet La figure nest pas propre à la rhétorique; on la trouve en poésie, en prose romanesque, sans parler de langue courante. Et la rhétorique ne se réduit pas à lart des figures, qui nest quun élément de lélocution. Il reste que la rhétorique recourt à la figure comme à un instrument de persuasion; et cest à son propos que Quintilien écrit : Est nuisible tout ce qui nest pas utile (VIII,6,31). La publicité, qui emploie massivement les figures - rimes, métaphores, hyperboles, antithèses, allégories, etc - la publicité est la preuve vivante que la figure nest pas seulement esthétique, quelle peut avoir une fonction persuasive, et surtout que lesthétique et le persuasif sont indissolublement liés. Olivier Reboul in La rhétorique, éditions P.U.F. Un lieu, une proposition despace à investir avec la volonté de faire des frontières physiques, des contraintes architecturales et du contexte de cet espace le point de départ et centre névralgique de linvestigation plastique. Lobjet produit est donc nécessairement inscrit dans ce lieu ; temps et espace, il importe autant que lacte qui la construit. Questionner ainsi le réel, le sensible par le biais dun langage plastique, cest reposer à linfini la question de la perception humaine, de ses potentialités et ses limites. Questionner encore et toujours les conditions de possibilité dexercice du libre-voir dans la stratification des contraintes sociales, culturelles, historiques. Démonter le mécanisme pour tenter de donner à voir comment tout discours ou objet produit (artistique, juridique, littéraire, scientifique, politique...) sinscrit dans une histoire, un processus complexe de savoir -pouvoir - vouloir. Le propos ici nest pas de démêler ou de résoudre ce processus, mais dessayer doffrir au spectateur un espace mental, temporel et physique dabsolue liberté de jugement. De faire de lui lexposant, le producteur dart. Le travail de Bertrand Parinet na jamais le statut dobjet. Il est demblée une proposition dexposition. Là où il a lieu, il met à loeuvre lexposition des lieux.(...) René Denizot, mars 2001. Lexposition est acte de communication. Il ne sagit donc pas dune mise en scène du lieu, mais au contraire dessayer de refuser la tentation de la séduction et de sa sophistique. Si les lignes sont rigoureuses, si les volumes sépurent, cest pour se dérober au jeu de la rhétorique esthétique et de ses codes confinant à la persuasion. Réfuter la séduction de loeuvre, la saturation dobjets, cest restituer au spectateur lintégrité de son regard singulier sur le monde et ses productions. Linviter à retrouver une relation intuitive et individuelle au monde et à y reconnaître sa présence comme agissante, porteuse de sens, dactions et de modifications. Lalibi artistique sefface pour laisser loeil re-voir, re-découvrir, re-constituer sa propre expérience. Dans ce langage plastique, seuls sont objectifs les outils utilisés pour partager ce constat simple que tout est toujours - déjà - là, en interrelation permanente,de façon évidente ou pas. Loeuvre na pas la volonté dêtre choisie, elle se met à disposition dune expérience individuelle. Inviter le spectateur à se rappeler quil a toujours et encore le choix, quil est seul acteur et juge. Why not (ever) sneeze ? Le paradoxe est le moteur de ce travail. Tenter de concevoir un métalangage, Inventer du signe intelligible par tous par le truchement dune esthétique rigoureuse est en contradiction avec la finalité du travail, qui est la production dun regard intuitif et singulier sur le monde (du spectateur/exposant). Comment être au monde et communiquer en désamorçant tout rapport de pouvoir, de manipulation? La question nest pas novatrice, elle se déploie de façon récurrente dans le champ de la pensée et de la production artistique. Rien de plus absurde et vain dans cette démarche qui tend dans labsolu à leffacement de lartiste derrière sa production dans laquelle deux axes samorçent, réflexion sur la représentation ( comment donner à voir) et quelle mécanique anime le regard, la perception. Dans une société désormais exclusivement articulée autour du divertissement, devenu en lui-même fin et moyen de communication, lartiste, en son territoire présumé libre de contraintes est-il supposé surenchérir pour faire exister son oeuvre? Une oeuvre trop efficace et séduisante ne peut sappréhender sans une certaine défiance quant à ses fondements: faut-il imposer ou proposer? Dès quun enfant apprend à parler, il apprend à mentir. Lart atteste bien de cette évidence que le réel est artifice. La représentation redondante tend alors à virtualiser toujours plus un monde mis en abîme jusquà la caricature. Dans une société qui se paraphrase elle même, où la tautologie règne, où la pelote du sens se dévide dans la profusion des signes émis, comment réinventer un meilleur possible? Toujours irrésolue et intempestive, irrémédiablement présente et atemporelle, cette question na pas été soluble dans lidée du Progrès. Que reste t-il à inventer pour réconcilier lhomme avec lidée de lhomme? Accepter peut-être dêtre perpétuellement traversé par les paradoxes, les mensonges, lartifice du réel, pour savoir en jouer avec la sincérité et la force de conviction dun enfant qui joue au pompier, au voleur... à lartiste contemporain. Je vous laisse le soin de choisir le mensonge qui vous paraîtra le plus digne dêtre la vérité. Paul Valéry objet Réalisations : galerie vasistas. Montpellier 05/01 rouge Bertrand Parinet © Aout 2003 texte à paraître dans la revue OffShore. |